Avec la publication des palmarès Potentialpark et la conférence #OTaC13 du Vendredi 8 Février, j’ai eu le plaisir de partager avec une cinquantaine d’entreprises les dernières nouvelles et tendances pour la communication en ligne avec les talents.
J’en partage ici avec vous quelques chiffres clés et éléments à retenir pour vos projets Marque Employeur, en complément de mon billet précédent.

Cocorico ! Orange, meilleur employeur Monde sur Mobile

Sur les 105 grandes entreprises prises en compte par Potentialpark en France, nous sommes passés cette année de 12% à 22% d’entre elles ayant fait un premier pas sur le mobile. Et c’est tant mieux puisqu’un jeune diplômé sur quatre utilise déjà son mobile pour des activités carrières. Deux grands messages se dessinent cette année dans ce domaine :

  • le mobile n’est pas un simple passage au Responsive Web Design mais aussi une véritable entrée sur un nouveau canal où la création et la distribution des contenus est spécifique
  • les sites mobiles et les applis sont vus comme très complémentaires. Le site mobile répond pour sa part à une nouvelle manière de consommer de l’Internet tandis l’appli va davantage aider l’entreprise à créer une communauté de personnes déjà intéressées et sensibilisées à la marque

Un chiffre clé : 71% des étudiants et jeunes diplômés français se disent prêts à télécharger une application mobile carrières. C’est le pays de l’enquête où ce chiffre est le plus élevé (48% aux États-Unis par exemple).

Le mobile offre également enfin un superbe outil afin de bâtir un pont entre les activités campus « offline » et les efforts de communication RH « online ».

85% : le nombre de candidats prêts à suivre une entreprise sur Facebook…

… mais aussi 85% : le nombre de candidats qui considèrent cela risqué d’entrer en contact avec un employeur sur Facebook.

Si l’interactivité et la spontanéité sont des forces indiscutées des médias sociaux, il est intéressant de voir que les étudiants français expriment aussi de nombreux doutes sur la véracité des propos tenus sur Facebook ou Twitter, même sur une page Carrières « officielle », ou sur la pertinence du support. Ainsi les craintes principales sont :

  • la crainte de se faire rejeter pour les mauvaises raisons (60%)
  • l’inconfort à partager des données privées (50%)
  • la sensation que la présence de l’entreprise sur Facebook n’est qu’une opération de comm (45%)

« J’y vais mais j’ai peur » semblent donc nous dire les jeunes diplômés francais qui se rendent spontanément pour leurs activités carrières sur Twitter à 8% (+5%), Facebook à 22% (+12%), Viadeo à 39% (+14%) et LinkedIn à 57% (+25%).

Roche, Accor, Microsoft rappellent sur les classements S-COM France que la concurrence internationale n’est jamais très loin lorsqu’il en vient à recruter les tops talents. Ces entreprises réussissent aujourd’hui assez bien à répondre aux attentes des visiteurs sociaux grâce une grande transparence allant jusqu’à montrer qui répond aux posts. Cela parait logique, mais très peu d’entreprises le font aujourd’hui.

Le site carrières, leader incontesté, puise sa force dans sa sagesse

Quasiment tous les candidats l’utilisent (84%) et les entreprises le savent. Beaucoup de refontes et d’améliorations ont été observées cette année sur les sites carrières des entreprises qui doivent revêtir cette dimension de matching, d’orientation à travers des techniques allant du degree matcher aux témoignages qui se doivent d’être mis à disposition de manière intelligente, c’est-à-dire connectés aux autres contenus du site, et surtout connectés aux offres. Séduisants et complexes,  les outils de matching  peuvent aussi présenter un risque: si l’on guide et l’on place certains métiers dans la lumière, on en met forcément aussi dans l’ombre. A ne pas mettre en place à la légère donc.

L’employeur le plus créatif, le plus disruptif cette année, c’est assez nettement Deloitte. Témoignages de promotions, degree matcher, outil interactif pour s’initier au jargon de l’entreprise, plateforme de présentation de leur présence sur les médias sociaux. Un chantier consciencieux et complet.

Pour toutes les entreprises, le rappel est tout de même important : peu importent les contenus si vous ne mettez vos offres assez en avant. 77% des candidats veulent trouver le moteur de recherche des offres dès la page d’accueil du site carrières. La qualité des offres et les recherches multicritères sont des éléments différenciant de plus en plus cruciaux.

Candidature en ligne : l’instant où l’on peut encore tout perdre…

Voici quelques statistiques pour faire un petit état des lieux des frustrations : 73% des candidats sont frustrés de ne pas recevoir de réponse, tout comme 73% le sont d’en recevoir une trop tardive. 39% rencontrent fréquemment des soucis techniques lorsqu’ils postulent en ligne tandis 41% sont agacés par l’impossibilité d’attacher ses pièces jointes. Enfin 68% souffrent de l’aspect opaque de la candidature : on se fait pas quoi préparer, combien de temps dédier et surtout à quoi la candidature ressemblera une fois sur l’écran du recruteur.

Les entreprises qui s’en sortent le mieux sont celles qui utilisent leur site carrières afin de préparer le candidat à cet acte de candidature, comme Accor. Il y a aussi celles qui ont déjà compris que la meilleure stratégie reste encore de laisser le choix aux candidats entre trois options:

  • une candidature libre : je remplis un formulaire sans m’enregistrer uniquement pour l’offre repérée
  • une candidature assistée : je crée mon profil et ma candidature en ligne et je l’enregistre, guidé par l’entreprise
  • une candidature connectée : je crée mon profil en pré-remplissant les champs avec mon compte Linkedin ou Viadeo et j’investis du temps uniquement sur les questions spécifiques à l’offre ou à l’entreprise

C’est le cas de la Poste, chapeau.

L’avenir de la candidature en ligne n’est certainement pas dans l’acte de postuler en deux clics mais plutôt d’arriver à segmenter les étapes de la sélection. Plus d’étapes mais plus logiques (plutôt que de tout demander d’un coup !) Plus j’avance dans le processus, plus je suis prêt à y dédier du temps et de l’attention puisque je sais que je suis déjà passé entre les premières mailles du filet.

Crosscanal plutôt que Multicanal…

La belle découverte de l’année, c’est de voir avec quelle ouverture d’esprit, avec quelle curiosité, avec quelle humilité les entreprises se sont mises à tâtonner et à tenter des choses innovantes. Facebook, Twitter, YouTube, LinkedIn et Viadeo se posent comme des acteurs majeurs et presque incontournables qui permettent une communication « de masse ». Mais cela laisse aussi la place à des plateformes plus locales, plus spécialisées sur un métier, un pays, une industrie, un savoir-faire. En effet, les actions de recrutement globales auront toujours besoin d’être complétées par des opérations plus précises, plus pointues et surtout hors sentiers battus, pour certains métiers en tension.

On le sent en filigrane dans ces tendances, savoir créer et maintenir des relations avec des communautés internes et externes à l’entreprise grâce à des initiatives prenant en compte l’attitude crosscanale des internautes semble être la solution aujourd’hui à portée de main. Le travail est complexe et sur le long-terme. Mais le métier de Community Manager semble ne pas avoir été créé par hasard ! On commence juste à en capturer toute la dimension. Il est le futur chef d’orchestre des viviers de talents. Un vivier est par essence un ensemble d’éléments vivants, alors autant maintenir ces éléments à l’air libre plutôt que de vouloir les enfermer dans un bocal, l’ATS !

Antoine Lhosmot